Marion

 

«Qu’est-ce que tu es grande!»

Voilà, sans aucun doute, la phrase que j’entends le plus souvent durant l’année.
Hé oui, 1 mètre 71 à 13 ans, c’est grand, c’est vrai!

Mais ce n’est pas cette grandeur qui a joué un rôle aujourd’hui. Ce que j’ai, n’importe qui peut l’avoir: petits comme grands. Tout est question de génétique.

Mais commençons par le début…

A l’âge de 11 ans, maman m’emmène chez le pédiatre pour un contrôle habituel.

Mais la visite ne se passe pas comme prévu…

Le docteur examine ma vue, mon ouïe et mon dos. Et lorsque je me plie en avant et que je forme un «rond» avec ma colonne, le pédiatre regarde soudain maman et me relève en me serrant dans les bras: «Mais tu es toute de biais, ma chérie!», s’écrie-t-il. Maman et moi restons muettes. On ne comprend pas vraiment. Elle me dit n’avoir rien vu de particulier et je ne me suis jamais plainte de douleurs.

La suite va très vite: rendez-vous quelques jours plus tard chez le chirurgien orthopédique, Bruno Fragnière, à la Tour-de-Peilz. Durant cette consultation, je ne sais pas encore quoi penser de ce premier diagnostic. En tout cas, je me tiens toute droite sur ma chaise, pensant que j’arriverai à redresser de moi-même ma colonne, d’un coup de baguette magique. Puis vient le moment de l’examen. Et du verdict: j’ai une scoliose.

Le docteur explique qu’un corset peut m’aider à redresser ma colonne.

Un corset? C’est quoi ce machin?

Il utilise alors un mot qui sonnera longtemps à mon oreille: «C’est une sorte de coquille très dure.»

QUOI? Mais je ne suis pas un escargot!!!

Ce mot m’a fait peur et tout de suite des images affreuses se sont formées dans mon esprit.

En fait, j’ai le choix: soit je porte un corset, durant 4 ans environ, qui redresse ma colonne, soit je ne fais rien et j’ai mal au dos toute ma vie. Tu parles d’un choix!

Le rendez-vous est pris avec Julien d’Orthokern qui fabriquera mon corset. On me mesure de partout. Julien est très sympa et il me rassure beaucoup.

Quelques semaines plus tard, je vois pour la première fois, cette fameuse coquille…et je ne la trouve pas si terrible que ça en fin de compte…

L’apprentissage se fait en douceur les premiers jours: je ne porte ce corset que quelques heures car c’est douloureux, puis plus intensément jusqu’à atteindre l’objectif fixé: le porter 18 heures par jour, nuit comprise.

Grâce à ce projet de calendrier, j’ai pu décorer mon corset selon mes envies. Je l’ai présenté au reste de ma famille, à mes voisins et à ma classe de manière officielle. Je n’ai pas voulu le cacher. De toute façon, ça aurait été très compliqué.

Aujourd’hui, je le porte depuis 1 an et 8 mois. Je ne le cache pas: parfois j’aurais envie de l’envoyer par-dessus le balcon… En fait, j’en ai envie tout le temps… Mais les résultats sont là: ma colonne grandit correctement désormais et je sais que cela est pour mon bien. Bruno Fragnière ne manque d’ailleurs pas de me féliciter à chacune de mes visites et je suis fière de ma persévérance.

Et puis, lorsque je regarde quelques-uns des enfants du calendrier, je sais que je n’ai pas le droit de me plaindre car ma différence à moi ne durera qu’un temps.

Marion, 13 ans

 

Un grand Merci à
et

pour leur précieuse collaboration.
Projet réalisé sur mon premier corset
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